29 mars 2007
Le bar des habitudes
Bartelt est un raconteur de drôles d’histoires. Le "bar des habitudes" n’y échappe pas. Tous les ingrédients de la vie sont présents dans les 16 nouvelles qu’il nous sert, même les plus anodins. L’alchimie qu’il utilise transforme des tranches de vie en contes quasi fantastiques.
Il trouve le grain de sable qui va enrayer un quotidien rôdé et calculé à la seconde près. Il parvient à dénicher l’ingrédient qui fera tourner au vinaigre les belles histoires d’amour.
Les illusions, les promesses d’espoir ou les rêves atteints se dissipent sous une plume incisive.
Les personnages sont tour à tour mesquins, prisonniers de leur esprit torturé, assoiffé d’idéaux ou étriqués dans leur toute petite vie. Il y a les rêveurs, les altruistes, les mous, les durs, les fachos, les assassins…
Ces nouvelles forment un beau kaléidoscope où voisinent des esprits torturés par les habitudes avec des esprits emprisonnés dans une folie destructrice, assassine.
Les récits ne sont pas dénués d’humour ou de tendresse. De l’amour, il en est également beaucoup question même s’il est destructeur, avilissant ou tueur.
On fait alors connaissance avec un Balmont qui depuis 15 ans fréquente le café des Marronniers, le même scénario se déroulant 5 fois par semaine, jusqu’au jour où il trouve "sa" place occupée par un inconnu… (Le bar des habitudes)
Malone, quant à lui, doit faire face à une situation inextricable : il se réveille un jour avec l’envie de tuer sa femme, qu’il aime pourtant… (Mauvais rêve)
Guy Vouine, mou de naissance, rencontrera Moumoune tout aussi molle. Il s’ensuivra une idylle molle, un mariage mou, une vie… molle… (Histoire molle)
Il y a encore cet homme, dont les femmes tombent systématiquement amoureuses à en mourir… (Testament d’un homme trop aimé).
Tout est bon dans ce recueil ! Inutile de dire que Bartelt m’a conquise (après un polar et un roman), je vais continuer sur ma lancée !