26 février 2008
Recherchée
Karin Alvtegen
Point Seuil, 2005
Sybilla Forsenström a largué les amarres avec la société depuis 15 ans. Elle erre dans Stockholm et ses environs entre abris de fortune, caves et greniers. Le must étant de "voler" une vraie nuit à l’hôtel en abusant les hommes. On fait sa connaissance au Grand Hôtel de Stockholm où elle vient de passer une nuit réparatrice. Pas de chance pour elle, son dernier pigeon vient d’être retrouvé sauvagement assassiné dans sa chambre et les traces laissées derrière elle en font le suspect numéro 1. La fuite et la traque commencent.
Etrangement, l’intérêt du livre réside avant tout dans l’histoire de cette fille unique dont les années de jeunesse furent un calvaire entre une mère dirigiste et insensible et un père inexistant. De nombreux flash-back alternent avec le récit de sa fuite et étoffent le personnage. Le tout est habilement ficelé et l’on comprend pourquoi la fuite est la seule issue. Comment croire une paumée rejetée par les siens ?
Le problème pour elle, c’est que les meurtres se multiplient, tous aussi sauvages les uns que les autres. Epaulé par un gamin rencontré au hasard de sa traque, Sybilla va tenter alors de s’exonérer de ces meurtres. L’enquête commence réellement à la page 188 et c’est là qu’arrive le bémol à mon goût car tout paraît trop facile pour cette enquêtrice en herbe et vite mené à son terme. Le mobile des crimes m’a semblé presque fantasque (difficile d’étoffer ma critique pour ne rien dévoiler).
Globalement, j’ai passé un bon moment avec ce polar (même si l’enquête est un peu trop précipitée à mon goût) et je pense tenter à nouveau un essai avec cette auteure.
Un grand merci à toi Tamara ! Ce livre fait partie de mon swap scandinave.
24 février 2008
Du nouveau dans la Bal
Un grand souffle de fraîcheur venus des hauts sommets enneigés de la part de Finette et de Maijo. Cela fleure bon les après-midi vivifiants et le fromage fondu ! Merci les filles !
Et, parce que le swap n'est jamais vraiment fini, Yueyin m'a fait parvenir un souffle très chocolaté qui va me permettre d'allonger ma Pal. Ce petit livre est en effet bourré d'extraits de livres en rapport avec notre point faible ! Aïe, tentations !
20 février 2008
Les derniers indiens
Marie-Hélène Lafon
Buchet /Chastel, 2008
"Les armoires sont pleines. On ne va plus dans la pièce du haut, on dort en bas, on vit en bas ; c’est assez grand, ça suffit, pour deux."
Ces deux-là, ce sont Marie et Jean, la soeur et le frère. Les deux rescapés de la famille Santoire. Quatre générations se sont succédées dans cette maison qui peu à peu a laissé de plus en plus de place aux morts et aux souvenirs.
Marie raconte, égrène et révèle ce que furent les Santoire, ce temps où la famille avait de l’importance et était estimée dans cette région chère à l’auteure. On retrouve ici les ambiances, les paysages déjà rencontrés dans Organes.
La maison est située près de Riom. Le domaine autour s’est lui aussi rétréci. Les troupeaux ont fait place au vide. Les terres ont été louées. L’argent rentre mais ils ne le dépensent pas. Ils ne savent pas, ne cherchent pas non plus à connaître le montant qui s’accumule.
"A Riom on allait à la banque pour retirer l’argent liquide qui était nécessaire pour les courses de nourriture, ou la coiffeuse, et d’autres menus frais".
Ils se contentent de peu et profitent des passages de la boulangerie/épicerie où ils se ravitaillent 2 fois par semaine. Ces deux-là vivent sur leur île désertée par les vivants. Le facteur, le dernier lien avec le réel, est parti à la retraite. De grosses boîtes aux lettres ont été installées au bout du chemin. "Marie avait été contente quand on avait installé ces boîtes. Le facteur ne viendrait plus dans la maison. Elle n’aimait pas cette cérémonie, toujours la mère prenait une pose, et le facteur, depuis vingt-trois ans, avait l’air de ne s’adresser qu’à elle, de ne voir qu’elle, et ne disait que Bonjour Madame Santoire, même si quelqu’un d’autre était dans la pièce".
Seuls les voisins, les Lavigne, cette tribu bruyante et chamarrée, les relie à la réalité, à cette modernité dont ils sont devenus les spectateurs derrière les fenêtres. Ils vieillissent, ils assistent passifs au remue-ménage de cette smala. La mère, omniprésente, désapprouvait, niait, ignorait déjà cette présence mais les regardait, les écoutait rire. "Ils savaient qu’ils n’étaient pas du même rang. La mère disait le mot rang dans sa gorge, il roulait presque doux, elle parlait aussi de ne pas mélanger les torchons et les serviettes."
La mère, personnage central du roman, hante toujours l’esprit de Marie. Organisée, rude, autoritaire, lointaine… Jean et Marie en ont gardé les stigmates et n’ont pas pu, pas su, pas voulu connaître l’amour à leur tour. Seul, Pierre avait grâce aux yeux de cette mère. Il est pourtant parti pour voler de ses propres ailes pour revenir mourir près des siens.
Avec Les derniers indiens, c’est une fois de plus un vrai grand coup de poing que l’on reçoit. Rigueur des cœurs, distance des corps, négation de l’amour, rage et rancœur renfermées et ce drame qui plane tout le long du récit (le meurtre de la petite Lavigne)… C’est une histoire dure, rude d’une famille qui se consume et va s’éteindre. Dès cette quatrième génération, les signes d’une future extinction s’étaient manifestés. C’est une histoire de corps qui deviennent secs d’être restés trop longtemps sous le joug d’une mère rigide, des corps qui n’ont plus réagi même si l’envie d’une autre vie avait germé mais trop tard. Le temps a fait son œuvre.
J'aime définitivement les ambiances des romans de MH Lafon qui nous renvoient immanquablement quelque chose de nous mêmes, des parfums, des souvenirs...
13 février 2008
Anticyclopédie Universelle
Tout sur tout et son contraire
Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle
Mille et une nuits, 2007
Comme beaucoup d’entre vous, je n’ai pas pu résister à l’offre alléchante du duo d’Emmanuel, Vincenot et Prelle.
L'Anticyclopédie a donc atterri dans ma Bal. Contrairement aux encyclopédies classiques lourdes et volumineuses, celle-ci concentre à elle seule une mine de savoirs, de connaisances à acquérir d’urgence si ce n’est déjà fait. Le tout dans un format qui se glisse facilement dans le sac et pour la grande voyageuse que je suis, je peux vous assurer que les trajets sont tout de suite devenus moins mélancoliques.
Alors, on adhère ou pas au ton volontairement ironique et détaché des auteurs. Pour moi, ça colle !
J’ai testé du coup en prenant presque au hasard un échantillon représentatif de mon entourage très proche qui se chiffre à 1 (je commence l’enquête oh !) et qui n’est autre que mon collègue 8 heures par jour et "encyclopédie sur pattes" à temps plein, amoureux de la littérature, mais pas de la mienne… bon, on ne joue pas dans la même cour.
Vaquant à mes occupations, je lui ai mis l’Anticyclopédie entre les mains. J’ai vite compris que l’affaire était dans le sac car les petits gloussements qui me parvenaient aux oreilles m’indiquaient une totale adhésion. Pour de vrai ! j’ai compté et le rythme des petits bruits s’accélérait (toutes les 6 secondes) et laissait entrevoir un heureux évènement.
Je lui laisse la parole :
"Hu… Hu , j’ai appris que c’est ainsi que l’on rigolait sur la toile. Donc Hu… Hu. C’est vrai que j’ai rarement l’occasion de lire une encyclopédie de A à Z, même si en l’occurrence les auteurs montrent une certaine irrévérence quant au classement alphabétique qui sied d’habitude si bien à ce type de somme.
Bref, ce joyeux foutoire qui va si bien à cette catégorie de livre, que personnellement je classe dans la catégorie "livre de gogues" muscle les zygomatiques et c’est bien là l’essentiel.
De Captain Europ, le super héros réducteur "des graisses poly-insaturées dans les paquets de chips de 250 g" à la grande figure de l’histoire de France qu’est Jeanne d’arc : "nous l’avons crue, eux l’on cuite" en passant par la douloureuse révélation du complot qui s’ourdissait autour de "Pif gadget" et dont je ne révélerais rien, on saute du coq à l’âne dans un joyeux capharnaüm absurde qui n’est pas sans rappeler le "manuel de savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis" ou "le dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis" du regretté Pierre Desproges. Si la parenté semble évidente, ce n’est pas sans un vrai plaisir que je retrouve dans cet ouvrage l’œil acerbe, absurde et noir de notre regretté chroniqueur des haines ordinaires. Donc, merci aux auteurs si un rire vaut un steak, ils m’ont offert un festin. »
Merci M'sieur !
A noter : ce petit opus porte un nom imprononçable. Malgré mes efforts, ça ripe et immanquablement je pense à encyclique ! Rien à voir, je vous promets !
Tamara a beaucoup aimé ainsi que Fashion victim, Gachucha et Laurence du Biblioblog
11 février 2008
Comme tout le monde
Rudy Spiessert, Denis Lapière, Pierre-Paul Renders
Dupuis, 2007
Le volume que je vous propose ici est la version longue de "comme tout le monde" paru en 2006. Entre le deux, un film du même nom est sorti (je ne l’ai pas vu et je n’en ai pas entendu parler).
C’est avant tout une histoire d’ambition contrariée. Claire s’englue dans son job, des heures à tester des panels représentatifs pour savoir si oui ou non le camembert coréen percera sur le marché français entre autres… un job alimentaire en attendant de décrocher le contrat d’actrice dont elle rêve. La proposition de son boss tombe à pic car elle va pouvoir mettre en scène ses talents de comédienne : Utiliser un pauvre bougre qui vient de remporter la finale d’un jeu débilissime "comme tout le monde" qui n’aurait rien à envier à ceux d’une chaîne télé avec 2 lettres et un chiffre.
Jalil, infaillible lorsqu’il s’agit de deviner ce que pense la majorité des français va se retrouver au cœur d’une véritable mise en scène orchestrée par la Somadi, la boîte de marketing pour laquelle travaille Claire. On nage en pleine société de consommation en utilisant les ficelles de la télé-réalité. Et bien je trouve que c’est une belle réussite ! Coté personnages, on a les gentils avec un Jalil et sa possessive de mère plus vraie que nature, de l’autre, les requins avides de résultats.
Du déjà vu ? bien sûr mais une plongée dans cette petite BD est un vrai plaisir alors pourquoi se le refuser ?
09 février 2008
La maison Santoire
Marie-Hélène Lafon
Editions Bleu autour, 2007
Dans la maison Santoire, on y vit, on y meurt. Cela dure depuis quatre générations. Il ne reste que lui, vaillant, malgré les raideurs que l’âge n’arrange pas. Pas question de flancher ou d’accepter ce que beaucoup attendent. Alors évidemment, il a fallu faire des concessions parce que les services sociaux veillent. Ça a commencé par le téléphone et puis le micro-ondes "pour réchauffer les repas de la Mairie, ils ont dit qu’il fallait, on pouvait pas résister, c’était mieux…". Et malgré les regards envieux des voisins cherchant à agrandir leurs terres, il attend, tranquille.
Une très belle nouvelle bien alléchante tirée du dernier roman de Marie-Hélène Lafon "les derniers indiens". Cathulu, je me demande bien comment tu as deviné et pensé que ce petit opus serait mieux chez moi ! Mille mercis pour cette délicate attention M’dame ! Je me suis jetée dessus et comme la chance me sourit, je suis revenue de la médiathèque ce matin avec le roman !
07 février 2008
trois fois rien ! (X2)
Elle est sympa Belle tout le monde le sait ! un joli cadeau m'attendait aujourd'hui et pif (non, ça c'est autre chose) et paf, me voilà taguée. Pour cela, il faut :
Ecrire le lien de la personne qui nous a tagué
Préciser le règlement sur son blog
Mentionner six choses sans importance sur soi
Taguer six autres personnes en mettant leur lien
Prévenir ces personnes sur leur blog respectif
1 /Je me sers de petits bruns comme cuillère pour manger la compote de pommes et j’aime le camembert ou le roquefort avec de la confiture d’abricots. J’adore les goûters avec Axel, du pain grillé avec (toujours) de la confiture d’abricots et un chocolat chaud que je ne bois pas, c’est juste pour faire trempette.
2 / Je tente d’apprendre le wolof avec "the" méthode (cassettes et tout !) et évidemment mon prof personnel à domicile rien qu’à moi !
3 / J’adore me faire "papouiller" la tête et je demande souvent innocemment à mon petit baratineur "ça te dérangerait de me sécher les cheveux ? il n’y en a pas pour longtemps, mais… là, c’est pas encore humide ?"
4 / Pas trop féminine côté look, je suis en admiration devant celles qui le sont des pieds à la tête mais… le détail qui tue, c’est le prix oublié sous la godasse. Ouchhh !
5 / J’ai rendez-vous tous les jours avec le docteur Kawashima. Une petite séance quotidienne et il y a du boulot ! (évidemment, vous savez de quoi il retourne !)
6 / Je ne mange que du vrai pain (vs l’industriel) sinon rien ! je varie les plaisirs entre deux boulangeries et mon cœur balance entre la flûte mie grise et le roulé au pavot.
Passionnant tout ça non ?!
Qui taguer, maintenant que ce truc a fait le tour des blogs ?
Alors si c’est fait, tant pis. Si ce n’est pas le cas, je suis désolée, sincèrement mais c’est la faute de Belle !
Tamara ? Betty ? Finette ? Yueyin ? Titi ? Michel ?
06 février 2008
L’illusion du péché
Alexandra Marinina
Seuil policier, 2007
J’ai renoué avec joie avec Anastasia Kamenskaïa, la fameuse enquêtrice de la Petrovka, la criminelle de Moscou. Le dernier roman de Marinina m’avait laissée sur ma faim. L’affaire est oubliée et j’ai retrouvé le "charme" de ses premiers romans avec des enquêtes blindées sur fond d’étude sociologique sur la société russe.
Nastia (diminutif de l’enquêtrice) reprend du service avec une affaire qui paraît des plus banales : Katia Aniskovet est retrouvée assassinée dans son appartement cossu moscovite. On pense évidemment à un cambriolage car la petite dame vivait entourée de biens inestimables. Le problème, c'est que rien n’a été volé et les enquêteurs vont vite se rendre compte qu’elle gardait depuis longtemps des secrets d’alcôve. Voilà le point de départ d’une enquête qui va nous entraîner au cœur de Moscou à la rencontre de vies brisées, de femmes manipulées, d’hommes prêts à tout pour atteindre les buts qu’ils se sont fixés et surtout de deux gamines hors du commun mais impossible de vous dire pourquoi.
Nastia, égale à elle-même, dingue de boulot, accro au café et très amoureuse de son Liocha va mettre les bouchées doubles pour tenter de boucler cette enquête et mettre un terme au défilé de cadavres (témoins gênants évidemment).
N’hésitez pas à plonger dans cette enquête où se mêlent manipulation génétique et terrorisme islamique sans oublier cette apnée dans la vie moscovite toujours très intéressante à découvrir.
Je ne suis pas déçue du voyage même si j’ai trouvé quelques facilités dans le déroulement de l’enquête. Je deviens un peu tatillonne ! Mais j’attends quand même de pied ferme le prochain tiens !
02 février 2008
Hou là là !!!
Je sens que je vais faire des envieuses !...
Difficile de regarder l’avis du facteur pendant 2 jours mais l’attente valait le coup, je peux vous le dire ! Je suis revenue ce matin de la poste le sourire aux lèvres avec mon colis taille M sous le bras ! Il faut dire que j’ai vite regardé le nom de ma swappeuse et oh surprise !... J’ai résisté tout le chemin du retour (les trottoirs sont très glissants ce matin !), j’ai attendu que Monsieur Axel finisse sa douche (activité « longuissime ») et enfin, nous avons pris l’assaut de ce somptueux colis ! Je n’en reviens toujours pas et je peux vous assurer qu’elle l’a bichonné pour son premier !
J’ai tout bien suivi. Etape numéro : la petite carte "à ouvrir d’abord" avec de gentilles attentions très prometteuses quant au contenu des nombreux petits paquets ! Je crois bien que mon questionnaire a été étudié à la loupe et que mon côté gourmand a été décelé ! Une réelle valse de douceurs et de senteurs qui vont ravir les papilles.
Que dire de ces mélanges audacieux ? Chocolat noir aux baies roses du Brésil, noir à la lavande, noir au poivre blanc au lait hot masala, au lait thé vert et jasmin ? et ces petits carrés aromatisés au café, à l’anis, earl grey ou cardamome… J’en bave rien qu’en écrivant ! J
Coté café, je suis comblée ! quand je vous dis qu’il a été préparé aux petits oignons ! Trois parfums (noisette, cardamome et vanille) qui vont me faire passer des moments suaves à déguster dans la ravissante petite tasse « hot coffee ». Non mais vous y croyez ? Je n’arrêtais pas « Han ! mais elle est folle ! ».
Venons-en à la littérature et aux polars savamment choisis. Je ne connais aucun de ces auteurs et je sens que je vais me régaler. Pas moins de 4 volumes qui vont me faire voyager à Miami "ultime témoin" de Julliane Hoffman , Belfast "la jambe gauche de Joe Strummer" de Caryl Férey, Nouvelle-Angleterre "Le 5ème règne" de Maxime Chattam et un peu partout (Tel Aviv, Berlin…) avec le Jonquet et son "du passé faisons table rase".
Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? deux tablettes de chocolat étaient également glissées dans les paquets !
"Han, mais elle est folle !" (je sais je me répète, mais c’était comme ça !).
J’ai écrit ce billet en écoutant (sur auteurs TV) l’enchanteresse et illustrissime Gaëlle Nohant !
Gaëlle, je suis comblée, ravie et pourrie gâtée ! Tu n’as pas fait les choses à moitié et je dois dire que je vais déguster toutes ces petites merveilles avec une joie non dissimulée ! Les chocolats me tentent si tu savais et pour tout dire, j’ai repéré les petits carrés sur un autre blog et je me disais qu’ils devaient être délicieux ! Tu combles ma curiosité !
Mille et mille mercis Gaëlle ! J’adore tout tout tout !
Et également un grand merci à Fashion et Stéphanie !


