24 mai 2008
Les larmes de Tarzan
"Tarzan a poussé un hurlement et s’est élancée de la branche"
"Tu sais, là dehors, c’est carrément la jungle ! "
Rien ne laisse supposer qu’entre la première et la dernière phrase de ce livre, Katarina Mazetti va nous servir sur un plateau une histoire d’amour un peu déjantée.
Je me méfie des histoires d’amour un peu chabada entre le beau jeune premier plein aux as qui roule à bord d’une Lamborghini et une mère flanquée de deux bambins en bas âge qui parvient difficilement à sortir la tête hors de l’eau. On est en plein dans ce schéma classique et pourtant ça marche !
Je me suis laissée embarquer dans cette romance actuelle et urbaine où l’humour et la tendresse sont au rendez-vous.
Tout commence brutalement entre Janne et Mariana. Elle, s’amuse sur une corde accrochée à un arbre… lui, se balade juste au-dessous… Choc fatal et inévitable, sinon il n’y aurait pas d’histoire.
Ce que Janne, furax, constate c’est que Mariana-Tarzan est loin de correspondre à ses canons de beauté féminine. Une première vision peu romantique entre un maillot de bain en tissu léopard, "des touffes de poils noirs sortaient de son maillot, en direction de l’aine. Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas vu un entrejambe non épilé que pendant une seconde j’ai cru que c’était un petit animal", des cernes noirs sous les yeux, des rides de bronzage et des petits seins vilains comme des oreilles de basset.
Et pourtant… la nuit porte conseil… ou plutôt est propice aux rencontres, surtout lorsque l’un est légèrement alcoolisé et l’autre en quête d’une petite séance récréative, distrayante et plus si affinités...
La suite sera un jeu de cache-cache entre les deux. Je veux/je veux pas… La belle a un caractère bien trempé et veut garder son indépendance malgré sa situation plus que précaire. Lui, de plus en plus amoureux fait fi de ses deux bambins énergiques et envahissants pour la combler de victuailles raffinées et autres cadeaux somptueux.
Le hic dans tout ça, c’est qu’il y a Micke, le papa des mioches. Il a certes disparu depuis deux ans, il est certes bien dérangé mais il donne signes de vie ponctuellement et… a toujours sa place dans le cœur de Mariana… Pas facile tout ça pour le bellâtre qui s’est entiché de sa Tarzane !
On retrouve le schéma narratif du "mec de la tombe d’à côté", chacun des personnages principaux donnant sa voix et sa version au fil des chapitres. C’est mené tambours battants, il y a tous les ingrédients de la romance à l’eau de rose et pourtant Katarina Mazetti parvient à balancer tous les clichés pour faire de ce roman une histoire réellement attachante. Une bonne dose d’humour là-dessus et l’on fait défiler les pages roses sans s’en apercevoir !
Cathulu, Cuné et Clarabel pourront confirmer !
