12 mai 2008
Ma vie d'Edgar
Dominique Fabre
Motifs, 2004
"J’étais un enfant calme et tranquille, mais j’avais les traits mongoliens, une sorte de froideur autour des yeux, des lèvres très pâles, des grosses joues, des grosses fesses, ce n’était pas seulement à cause des chromosomes ; j’entendais dire autour de moi il lui manque une case, à voix douce, en cachette, seulement j’avais aussi des oreilles, des oreilles phénoménales…"
Du coup, il l’écoute Edgar, ce monde qui fourmille autour de lui. Depuis sa petite carapace, il capte les sons et observe. De l’hôpital de la rue d’Avron où il va en consultation au parc Monceau, lieu de promenade où sa mère "traîne sa lassitude", il engrange les bruits des oiseaux, des trains, des bus, de la foule à la gare Saint-Lazare, du sifflet du chef de gare : direction le petit appartement à Asnières où ils vivent seuls. Du père, il n’en est plus question.
Dans les longs échanges avec sa mère, les yeux dans les yeux, qu’Edgar puise l’amour maternel. Ils sont malheureusement et bien souvent remplis de larmes et du Paris des années 60, Edgar va se retrouver bien vite accueilli dans une famille adoptive à la campagne, loin, loin.
Une nouvelle vie va commencer chez Ton Jos et Tan Gina, une vie simple, saine entrecoupée des appels de sa mère "ça va ? ben oui."
Un récit d’une grande simplicité à travers lequel l’auteur donne la voix à un gamin un peu simple d’une extrême sensibilité. Ça pince le cœur évidemment mais il n’est pas du tout question d’une histoire chamallow où la pauvre mère qui n’arrive pas à élever seule son enfant l’expédie ailleurs et snif, snif… que nenni. Il y a beaucoup d’humour et des scènes de tous les jours, d’une grande simplicité, certes, décrites avec beaucoup d’émotion. J’ai adhéré et trouvé ce petit opus touchant et d’une grande justesse !
09 mai 2008
La taille d'un ange
Patrice Juiff
Albin Michel, 2008
Je le mets dans mes "auteurs favoris à suivre de près" ! En attendant le 3ème opus... C’était ma conclusion ici…et ça y est, le troisième est sorti en février dernier ! Patrice Juiff nous offre sur un plateau ce recueil de 9 nouvelles sur son thème de prédilection : la famille.
Pas de photo de famille réjouie de se trouver regroupée pour immortaliser le bonheur. Ici, ce sont 9 histoires coup de poing dont il est question. On entre dans le vif du sujet dès la première phrase : "Vince a pris douze ans de taule", " je viens de me disputer avec Olga", "papa nous tabasse tous les dimanche matin", "mon père est mort il y a à peine un mois et demi", "la première fois que j’ai vu ma mère, c’est sur une photo"...
Pas de fioritures, chaque nouvelle nous emporte donc au cœur de drames familiaux entre la violence d’un père et le silence d’une mère (Le dimanche matin), l’incompréhension en face d’une mère annonçant qu’elle veut présenter son nouvel amant à ses enfants un mois et demi après la mort du père. "J’ai du mal à ne pas me dire qu’il est cocu. Un mort cocu. Il n’est pas mort depuis assez longtemps pour supporter qu’on le remplace aussi vite. C’est un mort trop neuf. Merde. Un cocu trop neuf. Un mort cocu vraiment trop neuf." (Ma mère est vivante).
C’est aussi le constat qu’un jour l’amour s’en va "Reine et moi vivons encore ensemble parce que nous ne savons pas vivre autrement" (Chienne perdue) … alors qu’un autre naît "Quand j’ai rencontré Cécile, j’étais donc en train de crever. A petit feu. Comme tous les vieux" (Un cœur en commun).
Des histoires qui nous emmènent au cœur des foyers, bien calfeutrées derrière les volets. On est en plein drames. Ceux dus à l’alcool, ceux que l’on a tus et qui remontent soudain à la surface… Ce sont surtout des histoires d’amour qui charrient leur torrent d’émotions mais attention, on est loin du pathos et du misérabilisme ici. Tout est dans la retenue, les silences, les contradictions quand on aime...
Un panel de situations que l’on pourrait trouver dans les pages faits divers. Et ça secoue, inévitablement, car on s’y retrouve forcément quelque part.
C’est noir, on côtoie des milieux défavorisés dans la plupart des nouvelles, des banlieues peu attirantes mais là n’est pas l’essentiel. On est littéralement happé par ses destins et l’auteur fait mouche à chaque fois. Ma gorge s’est vraiment coincée une fois avec la dernière nouvelle "le premier vrai souvenir que j’ai d’elle" dans laquelle un gamin raconte sa sœur.
J’espère qu’avec cela, je ne vous aurais pas faire fuir car c’est à découvrir ! Les amateurs de nouvelles, tentez, c’est le moment !
Maintenant, j’attends le petit quatrième !...
05 mai 2008
Coeur gagnant
Ma Bal était en folie aujourd'hui !

"Ne pas se fier à la couverture sucrée du roman d'Audrey Diwan, la fabrication d'un mensonge n'est pas un roman sentimental , loin s'en faut." C'est sans doute pour cela que Cathulu a garni sa petite enveloppe de jolis petits coeurs dont ce ravissant cadre, le fameux coeur de Yann Arthus-Bertrand et même un marque-page "le bonheur avec ma tribu !" La perfection !
Une collection qui grandit tout comme celle d'Axel qui a reçu une belle carte postale cochon !
Mille mercis Cathulu !
04 mai 2008
Le livre des QUI
Laura Jaffré et Alain Korkos
Illustrations de Véronique Deiss
De la Martinière Jeunesse, 2007
On devrait s’intéresser plus souvent aux petites choses du quotidien ! En ouvrant le livre des qui, j’ai vite mesuré les limites (minimes hein !) de mes connaissances face à des questions qui pourraient bien me tomber dessus un jour ou l’autre : Alors, qui sait qui a inventé le papier toilette ? Qui fait des trous dans les coquillettes ? Et si comme moi, vous pensiez qu’il y avait une bande de petits lutins malins cachés derrière tout ça, vous avez tout faux.
Du coup, je potasse car à la question qui croire, c’est quand même écrit noir sur blanc, "le plus souvent, nous faisons confiance à nos parents" (houps !).
Cela dit, faut pas non plus pousser ! Comment répondre à ce genre de trucs (à moins d’être une encyclopédie sur pattes) : qui a une langue aussi lourde qu’un jeune éléphant ? qui a inventé les boules neigeuses ?..
Grâce un bel index, on trouve facilement son bonheur en piochant parmi 12 thèmes comme l’art, les croyances, la nature, la technique, le corps…
Chaque question (71 en tout) est expliquée sur une page, ce qui est vraiment malin pour nos "petits" lecteurs (petits pour le nombre de livres lus !) et illustrée de façon très humoristique. Un livre bien sympa destiné aux 8/12 ans et plus… La preuve, je l’ai bien apprécié ! Evidemment, j’ai eu tendance à répondre un peu vite à ce genre de question : qui est au-dessus des lois ?
Et l'on apprend plein de choses sur ce qui nous touchent plus particulièrement comme qui a inventé la carte postale ? Qui a envoyé le premier mail ? Qui fait paraître des livres ? Qui écrit le dictionnaire ? (Bien utile pour les rencontres "mondaines" entre bloggeurs/euses !...)
Et si vous souhaitez savoir qui peut nous apporter le bonheur, ce livre est pour vous ! :)