Baratin

sur mes coups de coeur

22 août 2008

Drôles de balades dans Paris

Dr_les_de_baladesClaude Combet, Thierry Lefèvre
Illustrations de Magali Le Huche
Actes Sud Junior, 2008

Avec ce guide, c’est 26 balades "originales et saugrenues pour les enfants de 7 ans et demi à 107 trois quarts" qui nous sont proposées.

Après quelques recommandations élémentaires pour ne pas mourir de faim et de soif, les auteurs ont concocté des trajets aux petits oignons, à pieds, en bus (exercice de bus) en rollers (les bords du Canal Saint-Martin en rollers) et il y en a pour tous les goûts, tous les temps (les passages par temps de pluie), sur le macadam ou sous terre (dans le métro avec un seul ticket), pour les fans de gares (de gare en gare) ou les amoureux de la verdure (la coulée verte au printemps ou chez André, en maillot de bain), pour les sportifs ou les flemmards (Paris tramway) 
Alors, pourquoi ne pas partir à la chasse aux lions ? Sauter d’île en île ? Faire des maths, partir sur les traces d’Amélie Poulain ? Ou... admirer tranquillement Paris depuis Belleville ?...

vue_de_belleville_2

5 thématiques sont proposées : "j’sais pas quoi faire", "en métro, en bus ou en rollers", "impair et manque ou les paris bizarres", "la chasse au trésor". Impossible de ne pas dénicher la balade qui conviendra.

Le temps est compté ? Pas de problème, chaque balade a été chronométrée (entre une ½ heure et 2 heures) et balisée mais rien n’empêche (bien au contraire) de dévier un peu et reprendre la balade ensuite.
Tranquille, on est là pour se détendre !

Pour chaque circuit, un petit croquis est proposé. Je trouve d’ailleurs que les dessins de Magali Le Huche sont croquignolets et rendent ce petit guide encore plus agréable. Seul petit bémol : les balades proposées ne sont pas présentées précisément sur un plan général de Paris.

Nous avons bien sûr testé ce petit guide. Destination l’est avec une promenade le long du canal Saint-Martin. 
Chaque circuit s’achevant par une devinette, je vous livre la notre : "Citer deux actrices de cinéma associées au canal Saint-Martin"

mur_bellevillePetite mise en jambes pour mettre le cap ensuite sur Belleville pour un périple non balisé mais tout aussi amusant et dépaysant !vue_de_belleville

Un petit guide qui ouvre des horizons variés en cas de manque d’inspiration et tout aussi sympa à feuilleter. Pourquoi se gêner ?

Mon sac à dos n’est pas très loin, on continue la balade… un peu plus loin…un peu plus longtemps !
See you later !!!

Edit du 2 septembre : Il s'agissait bien d'Arletty et sa célèbre réplique ! La seconde est Audrey Tautou ! Amélie Poulain fait des ricochets sur le Canal avec la passerelle (près de l'Hôtel du Nord) en fond d'image. Voilà !

(Le temps de remettre un peu d'ordre et j'arrive !)

Posté par valdebaz à 00:14 - Le coin d'Axel - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


21 août 2008

La fausse veuve

la_fausse_veuveFlorence Ben Sadoun
Denoël, 2008

J’ai également reçu l’offre de Violaine de Chez les filles, que j’ai évidemment acceptée, avec quelques réserves néanmoins. Un récit vécu sur un thème aussi déchirant, je crois que je n’aurais jamais choisi de le lire. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai commencé la lecture sans savoir non plus dans quelle intimité j’entrais. Une lecture donc, sans a priori. Je n’ai pas été très perspicace et c’est en lisant les premières critiques sur les blogs que j’ai compris que je lisais l’histoire de Jean-Dominique Bauby (le scaphandre et le papillon) sous la plume de sa dernière compagne,  la "fausse veuve".

Florence Ben Sadoun parle, lui parle, lui qui est alité sur ce lit d’hôpital du Nord où elle court régulièrement, le dimanche dans le gris et le froid. "A midi moins dix, j’aurai juste le temps de prendre un autocar à la sortie de la gare ferroviaire d’Obligé, dans lequel je monterai comme si je reculais, avec un pas hésitant, en direction de l’hôpital de Vomi".

Elle parle à cet amour "à jamais muet", à ce visage décomposé dont seules les paupières font bruisser des souffles de vie, elle lui dit "tu" mais aussi "vous". Il est à elle mais pas seulement... Elle parle avec tendresse, avec amour, mais aussi avec haine et colère, elle qui se retrouve reléguée au rang de la maîtresse et pourtant… Cet amour clandestin ne l’était plus, pourtant… Elle est et restera la "fausse veuve".

De ces soixante-dix voyages à Vomi en solitaire ou presque, émergeront aussi les souvenirs d’enfance revenus à la surface par le jeu des couleurs, des odeurs, des voix. "Dans ce train corail qui pue le plastique orange – en tout cas c’est l’idée incarnée de l’odeur de la couleur orange que j’ai gardée depuis que je suis toute petite et que j’ai pris mon premier train corail direction Pau".

Dix ans se sont écoulés et c’est avec amour et tendresse que Florence Ben Sadoun nous livre son histoire. Une page est tournée, "je suis engagée dans le bonheur et ce la me donne une nouvelle lucidité sur nous". "Tu es rangé quelque part".

Un récit qui permet de clore à jamais un pan de vie douloureux, "je ne te donne pas forcément de futur". Pas de pathos, pas de larmes. Le temps a déjà œuvré.

Un livre fort et juste, un style qui reflète au plus juste les émotions de l’auteure, je reste néanmoins relativement distante vis-à-vis du récit autobiographique et je suis restée uniquement une spectatrice.

Vous êtes nombreuses déjà les lectrices ! Alors, pêle-mêle, voici les avis de Cathulu, Lo, Frisette, Aelys, Bluegrey, Loutarwen, Delphine (un coin de blog)

Posté par valdebaz à 13:26 - Côté romans - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 août 2008

La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

millenium_t2Millénium 2
Stieg Larsson

Actes sud / Actes noirs, 2006

Pêle-mêle, quelques impressions d’une lecture qui date d’environ 2 mois et qui m’a laissée perplexe.
Est-ce cet engouement pour cette trilogie (ou ce que cette histoire est finalement devenue) ? Est-ce mon emballement suite à la lecture du tome 1 ?
C’est pourtant avec un enthousiasme démesuré que je me suis lancée dans la lecture de ce tome 2. Il s’est malheureusement dégonflé au fil de la lecture. Que de longueurs, de détails et de répétitions inutiles ! A tel point que le roman  aurait pu être réduit d’un bon tiers à mon sens !

Un séjour aux Caraïbes qui n’en finit plus, un aménagement dans un somptueux appart’ dont rien n’est épargné si ce ne sont les références des meubles Ikéa et leurs prix ! Une enquête blindée qui vire à la mascarade le tout s’enchaînant de façon tellement téléphonée que j’en pestais.
On retrouve heureusement avec plaisir le duo de choc du tome 1 (Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist), le gentil tuteur de Lisbeth mais aussi le méchant (hou l’affreux !). Mais surtout, on en apprend beaucoup sur Lisbeth, sa jeunesse, son père et c’est là que se situe le côté positif du roman. Et puis… elle est égale à elle-même !... Ouf, autre côté positif.

"Il se résigna. Elle tramait quelque chose de louche qu’elle ne voulait pas lui raconter. Il était persuadé qu’il formulerait des réticences mais il avait aussi suffisamment confiance en elle pour savoir que quoi qu’elle fasse, c’était peut-être Juridiquement douteux mais pas un crime contre les Lois de Dieu. Car contrairement à la plupart des gens, Holger Palmgren était certain que Lisbeth Salander était quelqu’un d’authentiquement moral. Son problème était que sa morale ne correspondait pas toujours avec ce que préconisait la loi".

Sur fond de trafic de femmes, Lisbeth va se trouver embarquée dans une course poursuite sillonnée de cadavres, d’intimidation, de corps à corps musclés avec des armoires à glace insensibles à la douleur ( !). Bref, ça déménage ! Trop et le récit en perd toute crédibilité. Dommage.

Vous êtes nombreux(ses) à avoir lu Millénium et je tire ma flemme (pas bien ça !) pour mettre les liens de toutes vos critiques très positives ! ;)

Posté par valdebaz à 19:08 - Côté polars - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 août 2008

L'outremangeur

outremangeurTonino Benacquista / Jacques Ferrandez
Casterman

Richard Selena est flic. Il est très tourmenté et traîne ses 160 kilos qu’il entretient à coup de choucroute XXL. Sa thérapie de groupe ne semble pas vraiment porter ses fruits et son cardiologue ne lui donne pas plus de 2 ans à vivre s’il continue sur cette voie. Pas folichon tout ça.

Ses tourments, c’est dans son passé professionnel qu’ils prennent leur source (une histoire qui n’a pas tourné comme elle devait). Pas facile de s’en dépêtrer et c’est en enquêtant sur un meurtre qu’une idée hallucinante va jaillir, au risque de se faire complètement griller professionnellement. Mais il tente le tout pour le tout. La seconde chance existe-t-elle ?...

Le duo Tonino Benacquista/ Jacques Ferrandez fonctionne bien et les dessins sont vraiment très réalistes. L’histoire en elle-même, si l’idée est bonne, m’a parue traitée un peu légèrement et la fin n’est pas des plus réalistes. Mais bon… l’ensemble vaut que l’on s’y arrête car au final, même si ce n’est pas un oui franc et massif, la lecture de cette BD demeure un bon moment.

Posté par valdebaz à 23:03 - Côté BD - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 août 2008

la route sanglante du jardinier Blott

la_route_sanglanteTom Sharpe
Folio, 2004

Direction le worforshire sud (ne cherchez pas, c’est un endroit fictif) où Sir Giles et Lady Maud pourraient couler des jours heureux et tranquilles dans leur château…
si Sir Giles avait honoré Maud depuis 6 ans que dure leur mariage,
si Lady Maud n’en gardait pas une rancœur grandissante car du coup, la descendance est loin d’être garantie (elle a entamé et largement dépassé la quarantaine),
si  Sir Giles n’avait pas quelques tendances sado maso,
si Lady Maud consentait à les satisfaire,
si tout bêtement Sir Giles ne voulait pas mettre un terme à cette parodie de mariage (mais il perdrait le domaine et ça c’est inconcevable),
s’il n’y avait pas cette idée farfelue de construire une autoroute qui entraînerait la démolition du château,
si, si, si…

Ça commence gentiment…
« Sir Giles Lynchwood, Député du Worfordshire Sud, était dans son bureau et s’allumait un cigare. Par la fenêtre, il pouvait voir les tulipes et les primevères, une grive picorer le gazon et le soleil briller dans un ciel sans nuages ; au loin, les escarpements de la gorge Cleene se dressaient au-dessus de la rivière. »

Mais cette douce quiétude ne va pas durer longtemps… 
Sharpe a le don d’engager ses personnages dans des voies pleines de méandres et de turpitudes, semées de personnages complètement déjantés ou qui le deviennent rapidement à coup de chantage, d’empoisonnement et autres réjouissances. On avance à coup de bulldozers et de dynamite, de coups bas, de coups de sang, de coups montés. Beaucoup manquent leur coup dans cette bataille rurale, d’autres ont des coups dans le nez carabinés et l’on a même droit à un joli coup de foudre.

Et quels personnages ! Outre Sir Giles et Lady Maud empêtrés dans leur tiraillement et leurs désillusions qui tournent au vinaigre, Sharpe nous offre des seconds rôles éblouissants tel ce jeune blanc-bec du ministère dont personne ne veut plus en haut lieu et qui va débouler dans cette campagne qu’il va très vite maudire ; une maîtresse écervelée qui oublie son amant ficelé au lit et un jardinier , le fameux Blott, dont le passé est des plus troubles, amoureux de ses fleurs et de sa belle Lady Maud qu’il va épauler vaille que vaille. Du vitriol pur que cette peinture politico-sentimentale rurale. On est hors temps, coincé dans le domaine Handyman . Il y aura bien une issue mais à quel prix !
En tout cas, Sharpe m’emballe toujours autant et c’est pliée en deux que j’ai savouré cet opus ! De  quoi oublier l’écran blanc et remettre la main à la souris !

Pour le bibliomane, c’est un remède radical contre la mélancolie et il a complètement raison !

Posté par valdebaz à 18:41 - Côté romans - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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