29 janvier 2009
Emmuré vivant
Natalia Alexandrova
Fleuve Noir, 2007
Je suis une fana d’Alexandra Marinina, ma curiosité l’a emporté et j’ai chipé ce livre du présentoir de la bib (même s’il faut le dire : la couv’ et le titre ne sont pas engageants).
A priori, l’avenir de Natacha devrait être relativement radieux. Son amourette avec Roman dure depuis un an. Il a même décidé de l’épouser. Pourtant, quand elle reçoit l’appel lui annonçant que la voiture de chéri vient d’être retrouvée au fond d’un ravin, de gros nuages vont très vite arriver et s’accumuler. Usurpation d’identité, courses-poursuites dans les rues de Saint-Pétersbourg, tueurs et gros bras, gros sous à la clé : la pauvrette va déployer énergie et ténacité (avec beaucoup de chance) pour démêler la sombre histoire à laquelle elle est mêlée.
Avec une soixantaine de titres à leur actif, les auteurs (c’est un couple qui se cache derrière le pseudo) n’en sont donc pas à leur coup d’essai mais c’est a priori le 1er titre traduit (un second est paru en 2008). Pourquoi ce choix plutôt qu’un autre ? Est-ce l’un des meilleurs ?... Difficile à savoir. Le résultat est grosso modo sympa même si les ficelles sont énormes. L’histoire est basique avec tous les ingrédients pour que la sauce prenne mais ça fleure tout de même la production en série. Pas de quoi casser trois pattes à un canard. L’intérêt, finalement, réside dans la peinture de la société que les auteurs décrivent assez bien : soucis immobiliers, fins de mois difficiles que l’on arrondi en faisant le taxi, bakchich à tous les étages même pour se rendre au chevet d’un malade… Un brin d’humour là-dessus. Bon, ça se lit !...
17 janvier 2009
Coule la Seine
Fred Vargas
Viviane Hamy, 2002
Nouvelles, illustrations de Baudoin
Au mois d’août, pendant la nuit de Noël et une autre nuit en hiver, Vargas nous balade dans le Paris d’Adamsberg à la vitesse de l’escargot. Pas de précipitation donc dans ces trois enquêtes. Il faut laisser le temps au temps.
"La nuit de Noël, il n’y a personne pour remarquer les cadavres, tu comprends, c’est plus tard qu’ils surgissent" (la Nuit de Noël).
L’inspiration, Adamsberg la trouve dans la rue lors de ses longues balades sous la pluie ou en griffonnant. Des méthodes bien à lui qui tapent légèrement sur le système de son collègue Danglard, en fonction du volume de vin blanc ingurgité.
Du flegme, un zeste de pression sur les témoins ou supposés accusés, de la réflexion, de l’intuition et surtout de l’observation. Tranquille quoi.
Alors, pourquoi ne pas passer un moment aux côtés du vieux Vasco sur son banc pour une partie de lancer de noyaux d’olives (Salut et Liberté) ou faire une balade avec Toussaint Pi et son vieux chariot déglingué et bourré de vieilles éponges qu’il tente de vendre ? (Cinq francs pièce) De toute façon, Adamsberg n'est pas loin et les enquêtes seront bouclées tôt ou tard.
Pas glamour tout ça mais sous la plume de Vargas, cela devient charmant !
05 janvier 2009
Malavita encore
Tonino Benacquista
Gallimard, 2008
J’ai mis du temps à mettre la main sur ce livre et je n’ai pas perdu une seconde pour l’extirper du rayonnage de la bibli. C’est avec une joie non dissimulée que j’allais retrouver la famille Wayne échouée à Mazenc depuis leur épisode normand.
Fred, le papa, mafieux repenti est toujours sous bonne escorte du FBI. La silhouette de Peter Bowles n’est jamais très loin dès fois qu’il lui viendrait des idées un peu trop farfelues. Il se tient peinard le Fred. Ecrivaillon, il a déjà deux titres à son actif sous un énième pseudo : Laszlo Pryor. Deux fictions qui n’en sont pas vraiment. Un pseudo qui n’en est pas vraiment un non plus. Malgré son "traitement", Fred n’a pas tout à fait décroché…
Il faut dire qu’il se sent bien seul… Alors, évidemment, le "temps de la splendeur" se fait plus présent que jamais. Il écrit avec pour seule présence, sa chienne Malavita.
Maggie, sa femme, s’est lancée dans la restauration à Paris. Belle, sa fille, toujours aussi belle se démène pour garder son chéri. Quant au fiston, Warren, il semble avoir trouvé sa voix, ailleurs aussi.
On navigue alors de l’un à l’autre entre Mazenc, Paris et le Vercors pour suivre le quotidien de chacun des membres de la famille Wayne avec de longues immersions dans le passé mafieux de Fred. J’ai adhéré sans restriction à la première aventure normande mais cette fois, je dois avouer que j’ai trouvé les ficelles trop énormes pour être crédibles. J’ai même trouvé le récit longuet, lassant et nul doute qu’il passera vite aux oubliettes. Une suite abracadabrante où seules les considérations littéraires de Fred m’ont amusée. Si Malavita ter pointe son nez, je risque fort de me méfier !
