comment_vaPascal Garnier
Le livre de poche, 2007

Encore une rencontre hasardeuse à laquelle nous convie Pascal Garnier dans cet opus.
On échoue ici à Vals-les-Bains avec ses thermes, ses curistes, le Grand Hôtel de Lyon, sa rue principale, son casino et … Jean Ferrat. C’est là que va débarquer Simon, grand, sec, austère. Il a dépassé la soixantaine et compte bien prendre sa retraite après une vie mouvementée à travers le monde. Il est maintenant « exterminateur de nuisibles » comme il se présente. Il est plutôt tueur à gage sur les bords… Il doit assurer sa dernière mission mais un gros coup de mou l’a mené là, à Vals. Comment va la douleur ? Comme ci, comme ça. Elle est bien là et le mal le ronge de plus en plus, sournoisement.
Un parc, un banc. C’est là qu’il va faire la connaissance de Bernard. 22 ans de joie de vivre. Un gosse doté d’un optimisme à toutes épreuves qui s’émerveille de tout et suit le cours de sa vie sans se poser de questions. Il s’occupe du mieux qu’il peut de maman. Un personnage haut en couleurs cette Madame Ferrand dont l’objectif unique était de faire fortune. Elle vit aujourd’hui dans le local qui fut tour à tour magasin de modiste, commerce d’artisanat local, toilettage canin et enfin voyance.  Les passages qui lui sont consacrés sont croustillants à souhait ! Les souvenirs sont là, plus ou moins embués dans les vapeurs du Négrita qu’elle siffle allègrement…

Bernard a accepté d’être le chauffeur de Simon. Tout s’emballe alors qu’ils mettent le cap vers le sud, vers sa dernière mission. Bernard se prend d’affection (et même plus) pour la veuve et l’orphelin (et pour cause, Simon a flingué le conjoint gênant) "ramassés" au bord de la route tandis que Simon peste dans son coin. Les gosses et les pleureuses, très peu pour lui. Tout ce petit monde va cohabiter cahin-caha et échouer dans un camping où Rose se prélasse, seule et très disponible à la vue de Simon...

Evidemment, ces personnages aux antipodes les uns des autres créent des situations et des dialogues savoureux. Mais c’est aussi très tendre, grinçant. Garnier rend ses personnage attachants tout simplement parce qu’ils sont très proches de nous finalement.
Le roman commence par la fin. Belle incitation à reprendre la lecture pour ne rien en perdre !

Mous est accro, tout comme Yv. Papillon a été touchée comme beaucoup d’autres…