lune_captivePascal Garnier
Zulma, 2009

Je persiste, lis et en fais profiter autour de moi parce qu’il a un talent fou pour croquer ses contemporains  Pascal Garnier et surtout parce qu’il reste un peu trop dans l’ombre. Je désespère dans les travées des 2 médiathèques où je suis inscrite. GARN : 2 livres dans l’une, 3 dans l’autre. Un petit mot dans le cahier des suggestions s’impose. Non mais !
Bon, revenons à ce dernier petit opus sur lequel je me suis précipitée sur les conseils avisés d’une autre fana qui m'a invitée à "sauter dessus d'urgence" ! Belle idée Mous !

"C’est comme si on allait habiter en vacances toute l’année".
Il faut dire que les Conviviales assurent confort et sécurité, deux mots-clés qui ont fait mouche pour Martial et Odette, maxime et Marlène.
C’est dans ce bunker ensoleillé, cette "résidence clôturée et sécurisée", qu’ils ont décidé de poursuivre leur route.
Ils n’ont plus qu’à se laisser vivre.
"Tout ce temps, à présent… C’était comme la traversée d’un long dimanche. Le temps lui appartenait, à elle, rien qu’à elle, elle pouvait en faire ce qu’elle voulait. Cependant, cet immense territoire vierge dont on lui faisait cadeau n’était qu’un gros glaçon flottant sur un océan de vide qui fondait davantage chaque jour. C’était un peu angoissant, elle avait peur de gâcher. Elle n’avait pas l’habitude. C’est encombrant la liberté".

Martial et Odette, les pionniers, vont attendre patiemment l’arrivée des nouveaux. 50 maisons, cela fait du monde, mais pour l’heure, ils sont seuls, regardent la pluie tomber sous la surveillance de M.Flesh, le gardien qui joue son rôle sans sortir des rails ni un sourire.

Avec le printemps, en même temps qu’une amélioration climatique vont débarquer Marlène et Maxime, le dentier éclatant aux 4 vents.
On se sourit, on s’invite, on visite la région mais chacun a noté, une fois rentré dans ses pénates, de notables différences…
Léa, une femme seule ( !...) va vite rejoindre le groupe.

A trois battements d’ailes d’un moineau, l’installation d’un camp de gitans (3 caravanes) va venir perturber la quiétude toute relative de ce groupuscule. Flesh , cynique à souhait, va attiser la peur dans ces esprits un peu perturbés.

Sous le regard amusé (nous avec) puis ahuri (aussi) de Nadine, l’animatrice du club-house (jamais à court d’un petit pétard et ça va grandement l’aider…), les passions vont se déchaîner, le vernis craquer, les secrets voler en éclats. La folie guette certains, pour d’autres, c’est l’oubli.
Les Conviviales n’en auront plus que le nom. Pascal Garnier dépeint d’irrésistibles et pathétiques sexagénaires (plus ou moins) au bord de la piscine, au bord de la crise de nerf si ce n’est au bord d’un gouffre. Et si les Conviviales étaient réellement un cimetière doré ?

Pas besoin de longs discours pour nous offrir un petit chef d’œuvre mais quand même, vous ne pourriez pas les faire un peu plus longues vos belles histoires Monsieur Garnier ?