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21 août 2008

La fausse veuve

la_fausse_veuveFlorence Ben Sadoun
Denoël, 2008

J’ai également reçu l’offre de Violaine de Chez les filles, que j’ai évidemment acceptée, avec quelques réserves néanmoins. Un récit vécu sur un thème aussi déchirant, je crois que je n’aurais jamais choisi de le lire. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai commencé la lecture sans savoir non plus dans quelle intimité j’entrais. Une lecture donc, sans a priori. Je n’ai pas été très perspicace et c’est en lisant les premières critiques sur les blogs que j’ai compris que je lisais l’histoire de Jean-Dominique Bauby (le scaphandre et le papillon) sous la plume de sa dernière compagne,  la "fausse veuve".

Florence Ben Sadoun parle, lui parle, lui qui est alité sur ce lit d’hôpital du Nord où elle court régulièrement, le dimanche dans le gris et le froid. "A midi moins dix, j’aurai juste le temps de prendre un autocar à la sortie de la gare ferroviaire d’Obligé, dans lequel je monterai comme si je reculais, avec un pas hésitant, en direction de l’hôpital de Vomi".

Elle parle à cet amour "à jamais muet", à ce visage décomposé dont seules les paupières font bruisser des souffles de vie, elle lui dit "tu" mais aussi "vous". Il est à elle mais pas seulement... Elle parle avec tendresse, avec amour, mais aussi avec haine et colère, elle qui se retrouve reléguée au rang de la maîtresse et pourtant… Cet amour clandestin ne l’était plus, pourtant… Elle est et restera la "fausse veuve".

De ces soixante-dix voyages à Vomi en solitaire ou presque, émergeront aussi les souvenirs d’enfance revenus à la surface par le jeu des couleurs, des odeurs, des voix. "Dans ce train corail qui pue le plastique orange – en tout cas c’est l’idée incarnée de l’odeur de la couleur orange que j’ai gardée depuis que je suis toute petite et que j’ai pris mon premier train corail direction Pau".

Dix ans se sont écoulés et c’est avec amour et tendresse que Florence Ben Sadoun nous livre son histoire. Une page est tournée, "je suis engagée dans le bonheur et ce la me donne une nouvelle lucidité sur nous". "Tu es rangé quelque part".

Un récit qui permet de clore à jamais un pan de vie douloureux, "je ne te donne pas forcément de futur". Pas de pathos, pas de larmes. Le temps a déjà œuvré.

Un livre fort et juste, un style qui reflète au plus juste les émotions de l’auteure, je reste néanmoins relativement distante vis-à-vis du récit autobiographique et je suis restée uniquement une spectatrice.

Vous êtes nombreuses déjà les lectrices ! Alors, pêle-mêle, voici les avis de Cathulu, Lo, Frisette, Aelys, Bluegrey, Loutarwen, Delphine (un coin de blog)

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Commentaires
V
Finette, je te le postes !<br /> Maijo, les avis sont effectivement mitigés !<br /> Sarah, je suis tellement restée en dehors qu'il ne m'en reste déjà plus grand chose ! :(<br /> Liliba, on passe du très négatif à l'enthousiasme et c'est tant mieux ! Je dois dire que je l'ai ouvert avec appréhension. Je suis peut-être restée avec durant la lecture ! Je n'ai pas détesté mais...
L
Interessant de lire les différents commentaires sur ce livre : nous avons été un paquet de blogueuses à le recevoir, et les avis sont très partagés. Pour ma part, j'ai bien aimé.
S
c'est marrant je viens justement à l'instant de lire un article dessus dans ELLE.<br /> Je suis tenté par curiosité ( voyeurisme?) , mais comme toi l'autobiographie ne me plait pas trop habituellement, en particulier quand il sagit de raconter des drames...<br /> BRef, en fait, je crois que je ne le lirais pas...
M
Je viens de mettre mon billet en ligne. Pas plus emballée que ça...
F
D'accord et merci Val!<br /> Bizzz<br /> <br /> Bonnes vacances!
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