16 juillet 2008
Swap
"C’est pas mon truc, voila tout. Superman, il est pas si génial que ça".
20 ans après cette sentence, il s’en mord les doigts Harvey. Quel plouc ! Avoir échangé un "Superman numéro un" contre un bout de plastique, faut le faire ! Et ça, il se le repasse en boucle saoulant au passage les bonnes âmes qui traînent, à commencer par Josh, son "aide" dans sa boutique de BD "inaction comix" laquelle survit dans la crasse, la poussière et le désordre.
Une boutique un peu à l’image d’Harvey qui se la coule douce en bon ado attardé. Depuis qu’il a quitté les Cornouailles, il s’englue dans cette boutique en ressassant le passé. "Tout ce que j’aurais pu faire !"
Et il est bien placé pour savoir que son "Superman numéro un" vaut une petite fortune aujourd’hui….
Pas étonnant que le soupir soit devenu son "trait distinctif". Si l’on ajoute au tableau une bonne dose de paresse, une grosse rasade de lâcheté (quelques scènes mémorables !), des T-shirts à l’effigie de super héros et beaucoup de bière, vous voilà avec l’essentiel d’un Harvey, véritable anti héros dont l’existence va basculer le temps d’un week-end.
Il y aura d’abord l’escale chez ses parents, cauchemardesque au plus haut point. On le suit à la réunion des anciens de son école dont le fameux Charles surnommé "Bleeder", possesseur du collector et auteur de tous ses maux.
Enfin, on assiste, médusé à la mise en application d’une idée complètement saugrenue qui va le faire déraper et vivre les pires instants de sa vie : Quand on n’a pas la trempe d’un super héros et que l’on tombe nez à nez avec un macchabée, la tâche est réellement compliquée !
C’est surtout dans les méandres tortueux de l’esprit d’Harvey qu’Antony Moore, en bon psy, nous fait voyager et c’est complètement jubilatoire ! Pour notre plus grand plaisir, Harvey n’est pas le seul élément digne d’une étude approfondie car ses parents valent leur pesant de cacahuètes tout comme son acolyte Josh, ses copains (essentiellement de beuverie), Charles évidemment qui traîne un lourd passé jusqu’à la paire de flics qui enquête. Bref, on ne s’ennuie pas un seul instant et c’est vivifiant comme les embruns sur les côtes de Cornouailles !
Une belle découverte que ce premier roman et ce n’est pas Bellesahi qui me contredira. Par contre, pour Cathulu, c’est la grosse "deswaption" ! Alors, le mieux, c’est d’ouvrir le livre pour vous faire une idée !
11 juillet 2008
Ces petites choses
Deborah Moggach
Le livre de poche, 2008
Pas facile d’être une personne âgée et seule dans la "jungle" londonienne. Encore moins drôle d’être oubliée 2 jours durant sur un brancard dans un couloir d’hôpital. C’est ce que va vivre Muriel Donnely, qui va crier au scandale, en omettant quelques détails au passage. Ravi Kapoor, médecin dans le service où est passée Muriel n’en dira rien publiquement mais… "En fait, dit-il, je n’ai pas mentionné la véritable raison pour laquelle la vieille taupe n’a pas été soignée".
Et il s’y connaît Ravi en matière de vielle taupe. Il est contraint d’héberger Norman, son beau père "renvoyé" de toutes les maisons de retraite des alentours pour indiscipline et "comportement sexuel inapproprié" , lequel squatte allègrement et sans vergogne la maison de sa fille Pauline. Ravi est las. Marre de cette puanteur qui a envahi la maison. Marre des ongles coupés dans le salon. Marre des allusions salaces du vieux. Marre des pics racistes. "Je ne pourrais plus supporter cela très longtemps : il va falloir trouver coûte que coûte la solution pour le caser ailleurs."
Son salut se profilera en la personne de Sonny, cousin de Ravi. En homme d’affaires bien combinard, il entrevoit bien vite le filon qui pourra satisfaire tout le monde, lui le premier. La tendance étant à la délocalisation, pourquoi ne pas expédier les petits vieux british au soleil ? Plus précisément en Inde.
Avec une conjoncture économique plutôt maussade, un environnement de moins en moins sécurisant, des caisses de retraite appauvries, les clients vont vite se manifester et se retrouver à l’Hôtel privé Dunroamin à Bangalore.
On y retrouve Norman évidemment, la docile Evelyn Greenslade, Dorothy Miller, ancienne journaliste à la BBC , Douglas et Jean , le seul couple du groupe, la dynamique et un brin dominatrice Madge et la célèbre Muriel Donnely qui a subitement oublié ses réticences raciales. Tout ce petit monde va donc cohabiter pour notre plus grand plaisir. Ils sont British, ils ont de belles manières, se donnent du "mon chou" et du "ma chérie" mais les cancans vont aussi bon train. On découvre en douceur, au fur et à mesure que les masques tombent, les réelles motivations de chacun de ce choix de retraite dorée.
Deborah Moggach campe tranquillement le décor et dévoile petit à petit ses personnages avec précision et tendresse. C’est bourré de bons mots, on passe de la tendre évocation à la réplique vacharde même si l’on est loin d’un humour décapant. Peu importe, le vernis craque malgré tout pour dévoiler les mystères, les désirs ou désespoirs de cette petite bande. Les bas de ces dames tombent pour retrouver la légèreté d’antan, dans une Inde dont Deborah Moggach dresse un tableau réaliste.
Je me suis coulée et bien installée dans le rythme de cette maison de retraite aux airs de colonie de vacances. Sans être le roman de l’année, j’ai trouvé le récit extrêmement agréable et délicieusement piquant.
Retrouvez les avis de Tamara, Anne, Praline, Yueyin, Joelle et bien d’autres…
Ce livre bien sympa m’a été envoyé par le livre de poche, grâce à Michel qui est mon parrain pour l’occasion. Il ne rejoint malheureusement pas mon enthousiasme puisqu’il a déclaré forfait à la page 70 ! Bon, nous faisons à nous deux une bonne moyenne tout de même !
08 juillet 2008
Une surprise de...
Ma dame de coeur !

(désolée pour la présentation. Après une attaque de virus, un ordi "out" plusieurs jours, tout n'est pas réinstallé sur la maquina !)
Une jolie carte que j'aurais aimé me caler sous la dent et deux superbes coeurs (un peu indisciplinés lors de la photo), de quoi me ravir et remonter le moral stagnant au niveau des tongs !
Merci Dame Cathulu pour ce non-anniversaire ! :)
J'adore ! Les deux coeurs ont déjà subi une transformation en mobile accroché à ma porte de chambre : c'est tout zoli et sert de clochette (hey, hey...) !
A bientôt pour la suite des critiques qui s'accumulent toujours ...
01 juillet 2008
Le magasin des suicides
Le magasin des suicides, voilà un petit livre qu’il me tardait d’ouvrir vu les nombreuses critiques chaleureuses ici et là. Maijo s’est empressée de me l’expédier. Je me suis tout autant précipitée de le lire. J’ai, par contre, traîné pour en parler (comme pour le reste de mes critiques d’ailleurs). Panne, grosse fatigue, la tête ailleurs, les pieds aussi…. Bref, me revoilà.
Chez les Tuvache, ça ne rigole pas. Ce n’est pas le genre de la maison qui propose à tout va le moyen de mettre un terme à son existence. Le magasin des Tuvache est connu et reconnu et affiche fièrement "vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !"
Et même si la clientèle n’est pas fidèle (hey, hey !...évidemment…), le commerce est florissant. Les clients affluent, il y a de tout et pour tout le monde. Vous ne trouvez pas corde à votre cou ? Mishima, le père et patron de la boutique opère dans son arrière boutique pour mettre au point de nouvelles méthodes. Autour de lui s’affaire Lucrèce sa femme qui a fort à faire avec sa caisse et sa marmaille : Vincent, le fils aîné, maigre comme un clou avec des tendances suicidaires… "Le suicide, il a ça dans le sang, un vrai Tuvache ». Marylin, douze ans et un peu grasse cultive son désespoir. Ces deux là font le bonheur de leurs parents, ce qui n’est pas le cas d’Alan, le petit dernier qui affiche un optimisme désolant ! "Et puis cesse de chantonner (elle l’imite) : "Bon-zou-our !... quand les gens arrivent. Il faut dire d’un air lugubre : Mauvais jour, madame…" ou : "Je vous souhaite le grand soir, monsieur." Et surtout, ne souris plus ! Tu veux faire fuir la clientèle ?... "
On se retrouve dans ce petit livre dans une ambiance de fin du monde, dans une ville où ne survit que ce quartier au "visage humain" ( ?), cerné de tours gigantesques, froides et noires, à l’origine de toutes ces tentatives de suicides. Les corps tombent des tours, comme la pluie sur les toits : rien de plus normal… L’ambiance est à la morosité et le magasin des suicides ne désemplit pas. On assiste à une grande ingéniosité de cette entreprise familiale toujours prête à satisfaire le client. C’est aigre-doux, ça grince un peu mais l’ensemble reste somme toute gentillet. Une petite fable sur le thème du bonheur personnifié par le petit dernier qui veut coûte que coûte changer le cours des choses. Bon, un petit livre sympathique et court. Je crois qu’il n’aurait pas supporté un traitement plus long. Reste la fin qui m’a laissée interrogative. Je ne comprends pas pourquoi un tel traitement qui ne colle pas forcément avec le personnage d’Alan, à moins d'avoir loupé un truc ?
Oui, c’est inventif. Oui, il y a du charme dans cette fable mais je sors de cette lecture moyennement emballée.
Merci pour le prêt Maijo !

