La_vie_en_lunettesLaurie Colwin
Autrement, 2003

Des lunettes roses, une poignée de carambars chipés illico par un petit baratineur toujours aux aguets quand une lettre rebondie arrive. Ok, c’était écrit que c’était pour lui… De mon côté, je me suis plongée dans ces deux nouvelles de Laurie Colwin avec autant de gourmandise car par extraordinaire, je ne les avais pas lues. Quand Fashion me les a proposées, j’ai répondu avec un grand OUI enthousiaste car Colwin, j’adore !
Dans la vie en lunettes roses, elle nous embarque au sein de la communauté universitaire pour suivre Ann dans sa quête "herboristique".Défoncée 24/24, elle est aussi très accro à son prof de mari. "Thorne m’emmena vivre à la campagne. Il avait été nommé dans un institut universitaire exclusivement masculin où, à mon sens, ne devait circuler aucune drogue. Qu’il pût m’entraîner dans un tel lieu était symptomatique de l’état de dépendance amoureuse dans lequel il m’avait mise". Pourtant, la campagne recèle des trésors que l’on ne soupçonne pas… il suffit de chercher un peu… On suit alors Ann dont le seul talent est de planer et qui redevient une ménagère (loin d’être exemplaire) tous les soirs auprès de Thorne qui ne s’aperçoit de rien… L’amour rend-il réellement aveugle ?
Tout comme ce Philip Hartman dans la nouvelle une fille dangereuse, qui va entretenir une liaison pour le moins singulière avec l’étrange Lilly. "Blonde, de taille moyenne, elle pouvait avoir entre vingt et trente ans. Son visage ne livrait rien ; elle était vacante, mais non passive. Elle avait un œil vert et un œil bleu. Cette disparité lui donnait la profondeur qui caractérise le visage des statues – sauf que celles-ci n’ont pas d’yeux… Sa présence était presque neutre, ses vêtements étaient neutres… On est devenus amants, si ce terme est approprié, puis elle est partie sans un mot, sans laisser un seul cheveu sur l’oreiller, le moindre mégot…rien."

Une bonne dose d’herbe, des femmes dont les hommes pensent qu’elles sont candides ou folles, des hommes menés par le bout du nez par les femmes, un grand souffle de liberté, le tout dans une ambiance universitaire bien pensante mais finalement complètement farfelue : Plongez dans ces deux nouvelles avec ou sans lunettes roses, c’est un vrai petit régal pour les inconditionnelles de Laurie Colwin !
Fashion a tellement peu de place dans sa bibliothèque qu’elle vous propose cette petite virée en lunettes roses ! manifestez-vous !
Quelle coïncidence ! Uncoindeblog en parle ici !