20 mars 2008
La jambe gauche de Joe Strummer
Une enquête inédite de Mc Cash
Caryl Ferey
Folio policier, 2007
Direction la Bretagne pour une enquête menée sur les chapeaux de roues.
Après un périple mouvementé, Mc Cash s’est retrouvé flic à Brest. Il a maintenant dépassé la cinquantaine et vit seul.
"A cinquante et un ans, il n’avait plus de prénom ni de femme. Angélique avait foutu le camp, comme le reste. A force de mutations, Mc Cash avait égaré ses amis, tous ces vieux camarades d’illusions perdues, l’IRA avait officiellement déposé les armes, ses collègues le faisaient chier, sa dernière maîtresse l’avait informé par texto qu’elle se mariait avec un autre et Joe Strummer venait de mourir, le laissant orphelin d’une époque qui, à l’image de son ex-femme, n’en finissait pas de foutre le camp."
Un vrai dur à cuire complètement borné. Devenu borgne à la suite d’un épisode mouvementé en Irlande, il vit avec une prothèse oculaire depuis 78 et négligemment, il ne l’a jamais nettoyée. Le mal est là, le rend agressif, gagne du terrain et menace de le rendre totalement aveugle. (je passe les détails vraiment peu ragoûtants…)
Une seule solution pour lui : presser la détente…
C’est une lettre en recommandé qui va le détourner de son objectif. Une certaine Carole dont il n’a que de vagues souvenirs lui annonce qu’elle va mourir et lui demande instamment de s’occuper de leur fille Alice dont il apprend seulement l’existence.
Expéditif comme à son habitude, il plaque tout et prend la direction de Montfort-sur-Meu dans la banlieue de Rennes. Là, les ennuis vont commencer avec la découverte du corps d’une petite fille.
La bourgade n’aura jamais connu autant d’effervescence et s’en serait sûrement passé.
Férey nous embarque dans le monde des services sociaux du patelin au sein desquels un trafic d’enfants s’est organisé, orchestré par une poignée de notables.
L’intrigue n’est pas forcément novatrice mais le tout fonctionne bien et est servi par des dialogues et réflexions bien sentis (Cathulu en a relevé !). De l’humour avec une toile de fond aussi sordide, cela ne fait pas de mal !
La Bretagne, quant à elle, n’est pas vraiment dépeinte sous son meilleur jour.
Le titre intrigue ! Un clin d’œil musical en l’honneur du groupe the Clash que l’on retrouve également à chaque titre de chapitre.
Un peu (beaucoup) ours sur les bords ce Mc Cash, mais je continuerais sûrement sur ma lancée.
Un grand merci à Gaëlle pour le choix de ce livre qui faisait partie de mon swap noir c’est noir !
Cathulu l’a lu ! Karine aussi !
26 février 2008
Recherchée
Karin Alvtegen
Point Seuil, 2005
Sybilla Forsenström a largué les amarres avec la société depuis 15 ans. Elle erre dans Stockholm et ses environs entre abris de fortune, caves et greniers. Le must étant de "voler" une vraie nuit à l’hôtel en abusant les hommes. On fait sa connaissance au Grand Hôtel de Stockholm où elle vient de passer une nuit réparatrice. Pas de chance pour elle, son dernier pigeon vient d’être retrouvé sauvagement assassiné dans sa chambre et les traces laissées derrière elle en font le suspect numéro 1. La fuite et la traque commencent.
Etrangement, l’intérêt du livre réside avant tout dans l’histoire de cette fille unique dont les années de jeunesse furent un calvaire entre une mère dirigiste et insensible et un père inexistant. De nombreux flash-back alternent avec le récit de sa fuite et étoffent le personnage. Le tout est habilement ficelé et l’on comprend pourquoi la fuite est la seule issue. Comment croire une paumée rejetée par les siens ?
Le problème pour elle, c’est que les meurtres se multiplient, tous aussi sauvages les uns que les autres. Epaulé par un gamin rencontré au hasard de sa traque, Sybilla va tenter alors de s’exonérer de ces meurtres. L’enquête commence réellement à la page 188 et c’est là qu’arrive le bémol à mon goût car tout paraît trop facile pour cette enquêtrice en herbe et vite mené à son terme. Le mobile des crimes m’a semblé presque fantasque (difficile d’étoffer ma critique pour ne rien dévoiler).
Globalement, j’ai passé un bon moment avec ce polar (même si l’enquête est un peu trop précipitée à mon goût) et je pense tenter à nouveau un essai avec cette auteure.
Un grand merci à toi Tamara ! Ce livre fait partie de mon swap scandinave.
06 février 2008
L’illusion du péché
Alexandra Marinina
Seuil policier, 2007
J’ai renoué avec joie avec Anastasia Kamenskaïa, la fameuse enquêtrice de la Petrovka, la criminelle de Moscou. Le dernier roman de Marinina m’avait laissée sur ma faim. L’affaire est oubliée et j’ai retrouvé le "charme" de ses premiers romans avec des enquêtes blindées sur fond d’étude sociologique sur la société russe.
Nastia (diminutif de l’enquêtrice) reprend du service avec une affaire qui paraît des plus banales : Katia Aniskovet est retrouvée assassinée dans son appartement cossu moscovite. On pense évidemment à un cambriolage car la petite dame vivait entourée de biens inestimables. Le problème, c'est que rien n’a été volé et les enquêteurs vont vite se rendre compte qu’elle gardait depuis longtemps des secrets d’alcôve. Voilà le point de départ d’une enquête qui va nous entraîner au cœur de Moscou à la rencontre de vies brisées, de femmes manipulées, d’hommes prêts à tout pour atteindre les buts qu’ils se sont fixés et surtout de deux gamines hors du commun mais impossible de vous dire pourquoi.
Nastia, égale à elle-même, dingue de boulot, accro au café et très amoureuse de son Liocha va mettre les bouchées doubles pour tenter de boucler cette enquête et mettre un terme au défilé de cadavres (témoins gênants évidemment).
N’hésitez pas à plonger dans cette enquête où se mêlent manipulation génétique et terrorisme islamique sans oublier cette apnée dans la vie moscovite toujours très intéressante à découvrir.
Je ne suis pas déçue du voyage même si j’ai trouvé quelques facilités dans le déroulement de l’enquête. Je deviens un peu tatillonne ! Mais j’attends quand même de pied ferme le prochain tiens !
22 janvier 2008
La mémoire fantôme
Franck Thilliez
Le passage, 2007
Dans ce dernier roman de Thilliez, Lucie Henebelle reprend du service. Nous l’avions laissée dans "la chambre des morts" quelque peu ébranlée. Quelques années ont passé. Elle est toujours célibataire et s’occupe de ses jumelles le mieux qu’elle peut. Quand Manon Moinet débarque de nulle part couverte de boue avec des traces de corde sur les poignets, elle sait que le choix sera difficile entre son métier qui la passionne et ses filles.
"Jamais dans ce roman le soleil n’éclaire le ciel, livré aux ténèbres tout au long des pages". De fait, on évolue pendant 428 pages dans des ambiances et des paysages plus glauques les uns que les autres. Avec Thilliez, c’est une vieille habitude et l’on s’y fait difficilement à ces maisons et cabanes abandonnées où "s’étalent les teintes glacées de l’obscurité", aux inscriptions morbides et incompréhensibles. Le froid pénètre même bien calée sous les couettes, la tension monte !
Partons du début. Manon Moinet, la trentaine est retrouvée en plein Lille complètement désorientée avec dans la paume d’une de ses mains, une inscription énigmatique : "Pr de retour". Elle présente un trouble manifeste de la mémoire d’autant plus inquiétant qu’elle ne se souvient plus des faits ni des visages après quelques minutes. On plonge alors au cœur du mystère du cerveau et d’une enquête complètement tordue pour découvrir l’identité de ce professeur, vraisemblablement tueur en série. Pas facile lorsque la mémoire du seul témoin n’engrange aucun souvenir.
Le tueur archi calé en mathématiques sème des indices que seule Manon est capable de décrypter. La tâche sera rude pour Henebelle qui devra sacrifier sa vie privée au profit d’une enquête cauchemardesque.
Voilà encore une fois un polar haletant et oppressant dans des décors inhospitaliers à souhait. On fait une immersion dans le cerveau humain et je dois dire que cet aspect du récit, très intéressant, permet de souffler un peu pour reprendre le fil de l’enquête !
Seul bémol, je n’accroche pas trop avec l’enquêtrice en proie à des questionnements incessants "mes filles/mon travail". Mais surtout le poids de son secret lié à son passé, déjà abordé dans "la chambre des morts" m’est apparu de trop dans ce roman largement pourvu en détails sordides, mais bon, point de vue personnel ! Cela ne remet pas en question la qualité de ce polar. Quand même… je préfère Sharko !...
Clarabel et Cathulu en parlent aussi !
08 janvier 2008
La prime
Une aventure de Stéphanie Plum
Janet Evanovich
Pocket
Bon, je ne vais pas faire preuve d’une grande originalité en vous proposant ce premier tome des aventures de Stéphanie Plum, mais piquée au vif par une gentille remarque : "tu n'as pas encore ouvert le Stephanie Plum ? Shame on you!!!"*, je me suis plongée dans le premier tome de cette longue série.
Et bien m’en a pris ! Heureusement que je n’ai pas sous la main le n°2 et le 3 et le 4…
La déferlante "Stéphanie Plum" a envahi les blogs, je vais donc faire vite pour résumer car a priori, je ne dévoilerai rien de bien croustillant concernant l’intrigue. L’héroïne quant à elle vaut son pesant de croquettes pour hamster !
On fait donc connaissance avec Miss Plum alors qu’elle vient de se faire virer de son job de vendeuse de lingerie froufroutante. Maman a beau la nourrir copieusement, elle doit trouver une autre source de revenu et fissa ! L’essentiel de son électroménager est déjà vendu et il faut payer le loyer, acheter une voiture tout ça, tout ça… Bref, l’urgence se fait sentir. Le cousin Vinnie et sa petite entreprise de cautionnement pourraient lui être d’un grand secours. C’est ainsi que va débuter sa grande carrière de chasseuse de primes et là pas de doute, ça risque d’être épique !
C’est maintenant que je vous envoie faire un petit tour chez sa fan de la première heure qui a écrit un joli "billet d’amour", j’ai nommé évidemment Fashion !
Pourquoi cela marche tant alors même qu’on est à cent lieues de s’identifier à l’héroïne ? (Si, quand même !) Les premières pages donnent vite le ton et si l’on adhère, c’est dans la poche ! Comment ne pas résister à cette excentrique en short Lycra qui cumule catastrophe sur catastrophe lancée sur les traces de son pire ennemi, the famous Morelli (que je découvre enfin) qui se révèle quand même un peu ange gardien sur les bords, tout comme le ténébreux Ranger (idem). Un trio de choc dont deux sont plutôt comment dire…intéressants…
A cela s’ajoute une galerie de personnages hauts en couleurs avec en tête de peloton la grand-mère !
"Mamie Mazur portait un chemisier imprimé en coton, rose et orange, un kleenex coincé dans sa manche, un short bleu électrique en Lycra, des tennis blanches et des bas roulés juste au-dessus du genou.
–Sympa ton short, lui dis-je. Super couleur.
– Elle est allée à la morgue cette après-midi dans cette tenue, cria mon père de la cuisine. Pour la levée du corps de Tony Mancuso."
Inutile d’en rajouter, je serais curieuse de connaître celles et ceux qui ne sont pas tombés dans la marmitte Plum ! Allez donc voir ce qu’en pensent Papillon, Yueyin, Tamara, Chimère, Stéphanie, Caro[line], Emeraude, Bon Sens, Karine et sérialecteur !...
* Nan, je vais pas dénoncer mais merci ! ;))
17 décembre 2007
L’assassin du Banconi suivi de l’honneur des Keita
Les enquêtes du commissaire Habib
Gallimard/série noire, 2002
Voici un petit polar qui va permettre de faire monter de quelques degrés l’atmosphère. Avec cet opus, on est même gâté puisque Moussa Konaté nous offre deux enquêtes rondement menées par le commissaire Habib et l’inspecteur Sosso. Ces deux-là m’avaient déjà bien plu dans leur enquête en pays Dogon.
Pour l’heure, ils sont confrontés à une série d’empoisonnements dans "l’assassin du Banconi". Quand cyanure ne fait pas bon ménage avec sorcellerie et faux billets. Cette première enquête permet en outre de faire une plongée au cœur de Bamako et plus précisément dans le quartier du Banconi.
"C’était vraiment un soleil caniculaire : bien qu’il fut encore loin du zénith, il étouffait les hommes, les arbres et la terre, tout ce quartier du Banconi, immense excroissance de la cité de Bamako, des centaines de maisons en briques de terre couvertes de chaume, de lambeaux de nattes, de branchages ou, au mieux, de feuilles de tôle ondulée, rouillées et cabossées. Des ruelles se faufilaient entre les pâtés de maisons, une poussière ocre s’élevait chaque fois que passait une de ces voitures bringuebalantes, pratiquement les seules à se hasarder ici en plein jour."
L’intérêt des enquêtes du commissaire Habib réside aussi dans cet habile mélange de polar et de peinture de la société malienne. "L’assassin du Banconi" met l’accent sur le poids des traditions, l’influence des marabouts, la corruption et les méthodes plus que douteuses de certains policiers. Habib et Sosso forment quant à eux un tandem énergique en restant fidèles aux "valeurs policières" ou presque…
Le meurtre d’un marabout dans "l’honneur des Keita" nous propulse à quelques heures de train de Bamako, en pleine brousse. Avec beaucoup d’humour, Moussa Konaté met l’accent sur les relations des deux enquêteurs, ce qui les rend d’autant plus attachants. Ici, l’influence des castes, l’implication de la magie leur donnera du fil à retordre…
Comme un caméléon, je me suis fondue dans le décor. Cela fait du bien !
09 décembre 2007
On achève bien les disc-jockeys
Didier Daeninckx
Editions La Branche, Suite noire 1
Voici le n°1 de la série suite noire avec ses titres bien connus des amateurs du genre.
Par le biais de son émission "levée d’écrou", Crista donne la parole aux taulards tous les vendredis soir, véritable bouffée d’oxygène. Daeninckx égratigne au passage le milieu carcéral et ses conditions "d’hébergement".
C’est grâce à l’émission que Manu pourra entrer en contact avec Crista. "Je voulais simplement te dire que je sors demain matin, que je passe ma dernière nuit dans ce putain d’hôtel, que je règle la note et qu’à force d’écouter "levée d’écrou", depuis des mois et des mois, je n’ai qu’une idée en tête : te rencontrer. C’est toi qui m’a aidé à tenir, avec tes ondes positives…".
Pas trop farouche, la belle va vite tomber sous le charme et lui ouvrir toutes les portes, autant celles de son cœur que celles de la radio où Manu va vite prendre ses quartiers. Il va rapidement devenir un "permanent" de la radio entre webmestre et revendeur de téléphones mobiles dernier cri. On ne se refait pas !
Daeninckx nous sert du noir avec le quotidien du milieu carcéral, la lutte extra-muros d’associations et de bénévoles pour tenter d’améliorer cette triste réalité et nous balade littéralement car la chute est rude ! Mais fallait s’y attendre, c’est du noir !
Petit encart non négligeable que j’ai été surprise de découvrir dans ce petit opus : la petite piqûre de rappel concernant une vilaine page de l’histoire quasi inconnue parce qu’évidemment peu reluisante. " …Manu fit connaissance avec un groupe d’étudiants en histoire de l’université de Saint-Denis venus parler d’une exposition sur le massacre de soldats sénégalais par l’armée française, en 1945, dans le camp de thiaroye… ".
C’est exactement le 1er décembre 1944 que le massacre a eu lieu. Pour en savoir plus, c’est ici. Le cinéaste Ousmane Sembene a d’ailleurs réalisé un film sur le sujet, censuré à Cannes à sa sortie…
02 décembre 2007
Les hommes qui n’aimaient pas les femmes
Millénium 1
Stieg Larsson
Actes noirs / Actes sud, 2006
Je vais enfin pouvoir vous parler du fameux et excellent Millénium T1. Si j’ai mis un peu de temps, n’imaginez pas que je me suis ennuyée, loin de là mais j’ai farnienté dans des décors qui me convenaient à merveille. Je m’y suis coulée, étudiant de près le plan de l’île où avait atterri Mikael (je vous le présente bientôt), imaginant cette petite maison des invités devenue son QG… Bref, je m’y voyais déjà.
Bon, revenons à notre livre, un véritable "cold case" version suédoise.
Mikael Blomkvist, rédacteur de Millénium, une revue d’investigations économiques se retrouve archi débouté à l’issue un procès qui l’a opposé à l’industriel Hans-Erik Wennerström. Pour un journaliste de son envergure, le coup est rude et sa légitimité grandement remise en question. Il faut dire qu’en attaquant un gros poisson comme Wennerström, il aurait dû vérifier ses sources… Le mieux pour lui est de se mettre au vert quelques temps pour ne pas mettre aussi en péril son journal.
C’est alors qu’entre en scène Henrik Vanger avec sa requête qui sera l’élément déclencheur de cette intrigue : résoudre la disparition mystérieuse 40 ans plus tôt de sa nièce Harriet Vanger.
C’est sur l’île d’Hedebyön que Mikael prendra "sa retraite" avec pour seule compagnie de vieux classeurs et cartons contenant l’enquête menée pendant 40 ans qui n’a abouti à rien (bon, il y a aussi une Vanger un peu seulette aussi).
La nature est belle mais la famille Vanger qui habite encore sur l’île va mettre un peu de piment dans la quête de Mikael.
Jalousies, rancoeurs, passés troubles, mensonges, on se lance également dans l’enquête et je dois dire que je me suis bien égarée dans mes suppositions…
Une première et longue partie plante le décor et présente tour à tour les personnages clés du roman. Mikael, donc, avec gravitant autour de lui, Erika, collègue et accessoirement amante depuis plusieurs années.
Parallèlement, un personnage plutôt atypique est rapidement mis en évidence : Lisbeth Salander, collaboratrice de Dragan Armanskij. Elle, c’est une spécialiste des enquêtes sur la personne (ESP) avec des méthodes plus qu’efficaces même si elles sont un chouia illégales.
Quid du titre ? c’est lorsque l’on est bien installé dans le roman qu’il prend toute sa signification, mais chut, c’est encore une autre histoire dans l’histoire !
C’est parti pour presque 600 pages d’enquête, contre-enquête avec des méthodes plus ou moins douteuses dans un climat de plus en plus hostile. C’est riche, efficace et j’en redemande.
Le 4ème opus verra-t-il le jour ? Et dire que Stieg Larsson avait prévu 10 tomes !
Elles en parlent aussi ! Florinette, Cuné, Gachucha, Cathulu, Maijo, Fashion, Bellesahi et d'autres !...
10 novembre 2007
La voix
Arnaldur Indridason
Métailié, 2007
"Il ne ressentait rien d’autre que de la fatigue et de la lassitude parce que cette histoire avait réveillé en lui toutes sortes de sentiments liés à sa propre jeunesse et il savait qu’il lui restait tellement de choses à régler dans sa propre vie qu’il ne voyait même pas par où commencer ".
Celles et ceux qui ont lu la cité des jarres et la femme en vert reconnaîtront aisément Erlendur, le personnage principal et enquêteur désabusé des romans d’Indridason. Il n’est pas bien pétillant psychologiquement mais il avance doucement dans sa thérapie (d’où l’intérêt de lire les livres dans l’ordre !). Sa fille Eva n’est pas loin et vit aussi très mal certains épisodes de sa vie.
On le retrouve quelques jours avant Noël dans un hôtel de luxe de Reykjavik où le portier (et accessoirement père Noël) vient d’être assassiné. La mort de Gudlaugur, personnage plus que discret, est d’emblée des plus mystérieuses. Personne ne semble le connaître vraiment alors qu’il travaille et vit sur place depuis 20 ans. Qui avait donc intérêt à éliminer cet homme tranquille ? Erlendur, toujours aussi investi, va s’installer à l’hôtel comme pour s’approprier de l’ambiance, enquêter, interroger, dénicher la faille.
La voix est une fois de plus, bien plus qu’un polar. Indridason met l’accent cette fois sur les relations difficiles entre un père et son fils et toutes les conséquences néfastes qui ont pu en découler, sur les non-dits, les attentes non satisfaites, l’amour inaccessible, les déceptions, le rejet et les remords lorsqu’il est trop tard.
Un roman fort, un roman noir qui secoue et touche.
J’espère retrouver Erlendur dans un état moins désespéré ! Certains éléments laissent à penser que oui !...
La sirène l'a lu et aimé ainsi que Clarabel, Essel, Cuné
15 octobre 2007
Manta corridor
Dominique Sylvain
Viviane Hamy, 2006
J’ai raté la rencontre de Lola Jost et d’Ingrid Diesel dans "passage du désir". Je fais leur connaissance dans cette nouvelle enquête et je dois dire que d’emblée, le duo ne m’accroche pas trop.
Lola ex-commissaire à la retraite reprend du service quand l’occasion se présente, abandonnant pour quelques temps ses puzzles. Ingrid quant à elle, est danseuse (et masseuse) dans une boîte de strip-tease et épaule Lola entre un massage et une danse.
Pour l’heure, elles sont appelées par Lady Mba, patronne du salon de coiffure les féeries de Dakar.
Louis Manta, son shampouineur s’est volatilisé sans laisser d’adresse. Le duo, un peu bancal va se mettre en 4 et se fourrer dans des situations dont même 007 aurait du mal à se sortir. C’est de l’expéditif et j’ai eu bien du mal à croire à toutes ces péripéties. L’enquête en elle-même m’a parue peu crédible. Il y est question grosso modo d’un trésor enfoui quelque part dans le Pacifique. Le problème, c’est que plusieurs bonshommes sont sur le coup…
Nous voilà immergé dans une enquête un peu poussive entre le canal Saint Martin, l’Arsenal avec des gros durs qui ne font pas dans les sentiments et une pauvre Lady Mba qui rajuste son rimmel dans des effluves de bons plats africains. J’en ressors pas franchement emballée…Si un autre titre vous a tapé dans l’œil, donnez-moi le titre, sinon, j’en resterai là …